Thierry Soulié, secrétaire général de la CNSD, dresse le bilan des 5 années de Marisol Touraine.

 

visuel mtouraine mentS’il y avait un mot pour résumer l’action de la ministre de la Santé vis-à-vis du secteur dentaire, c’est celui de « destruction ». Une véritable entreprise de démolition dogmatiquement planifiée et administrée.

« Nous n’avons jamais connu un ministre qui s’applique autant, de façon directe et indirecte, au démantèlement d’une filière de soins, déplore Thierry Soulié. Côté investissement, un ersatz de solution ! Alors que toutes les analyses démontrent que l’essentiel des problèmes provient de l’insuffisance de valorisation des soins opposables, ce ne sont pas les propositions faites lors des négociations conventionnelles qui seront de nature à les solutionner. En ce sens, « Marisol Touraine a été un ministre du Budget de la santé, pas un ministre de la Santé.

Toutes ses actions ont été en contradiction avec ses discours sur l’accès aux soins ». Un exemple, le plafonnement des prothèses. C’est à une véritable politique de revenus à laquelle nous assistons. Comme si le fait de raboter les revenus des professionnels de santé suffisait à améliorer l’accès aux soins. Pour cela, il aurait fallu augmenter, comme la CNSD l’a proposé, la base de remboursement inchangée depuis 29 ans sur ces actes. Cet argent n’aurait pas été dans la poche des chirurgiens-dentistes mais bien dans celle des patients en diminuant leur reste à charge.

En faisant cela, et après avoir baissé des prestations des complémentaires santé dans le cadre des contrats responsables, « elle fragilise sans réelle compensation les cabinets dentaires et met en péril tout le système économique autour des cabinets, les prothésistes français en particulier. Les patients voient déjà que cela joue sur l’accès aux soins avec des restes à charge en augmentation. » Ils ont aussi vu les conséquences de la politique de santé bucco-dentaire low-cost de la ministre avec le scandale sanitaire du réseau Dentexia.

« Et ils n’ont encore pas tout vu, pronostique Thierry Soulié. Les conséquences vont encore s’amplifier dans les prochains mois et années.

L’absence de réaction de la ministre sur les sujets de la formation avec le Clési ou sur l’accès partiel à la profession va être très préjudiciable sur la qualité des soins. »

Des cabinets dentaires en difficulté, la promotion tacite des structures low-cost, le démantèlement de la filière dentaire française… voilà ce que seront les conséquences pour les patients. Est-ce vraiment cela une politique d’accès aux soins ?

Absence totale de communication

Et tout cela s’est déroulé sans possibilité pour la profession de faire valoir ses arguments directement auprès de la ministre. « La ministre ne voulait pas communiquer avec les professionnels de santé, constate le Secrétaire général de la CNSD. « En cinq ans, nous n’avons jamais réussi à la rencontrer alors même que la CNSD est un syndicat constructif, ce que nous payons fort cher, par ailleurs, de la part des confrères qui nous jugent à tort pas assez combatifs.

“La ministre ne voulait pas communiquer avec les professionnels de santé”

Son dernier coup étant la mesure d’exception avec le règlement arbitral « spécial chirurgiens-dentistes » qu’elle a fait passer en force dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2017, qui a totalement pris en otage la négociation conventionnelle. » Bref, il sera difficile pour un prochain ministre de la Santé de faire pire. Quoique…